Pour le cardinal, la clé du progrès réside dans une décentralisation réelle, accompagnée d’un dialogue franc entre l’État, les collectivités locales et la société civile. Selon le cardinal, « sans une décentralisation authentique, toute prétendue refondation restera une illusion ». Il plaide pour que les communes et les régions disposent de ressources et de marges de manœuvre suffisantes afin de conduire elles-mêmes des projets de développement durable. À ses yeux, c’est en redonnant aux citoyens leur rôle d’acteurs qu’on protégera l’intérêt général et qu’on consolidera l’unité nationale.
Contre l’hypocrisie et le double langage
Au détour de son allocution, Désiré Tsarahazana n’a pas hésité à dénoncer l’hypocrisie ambiante : « On brandit des discours patriotiques en public, alors que, dans les faits, nos repères culturels s’effacent et les intérêts sont placés ailleurs », a-t-il déploré. Et lui d’appeler à rompre avec cette façade et à restaurer les valeurs morales, trop souvent piétinées au nom d’intérêts individuels. Plus qu’un vœu pieux, le message du cardinal est un appel vibrant à la conscience collective : chaque Malgache, et plus particulièrement chaque chrétien, doit reconnaître sa part de responsabilité dans les difficultés actuelles.
Ce repentir sincère, estime-t-il, est indissociable d’un changement profond des mentalités et des pratiques. En cette aube de nouvelle année, le cardinal Désiré Tsarahazana exhorte donc à tourner la page d’une gouvernance assistancielle et à favoriser l’émergence d’une société civique pleinement engagée. Car, pour lui, « Madagascar n’a besoin ni de cadeaux faciles ni de slogans creux, mais d’une véritable refondation portée par le peuple lui-même. »
Nikki Razaf








